Le Yoga: pour qui, pour quoi?

La découverte du yoga

En octobre 2014, c’est par curiosité que je m’intéresse au yoga et décide de commencer une pratique à domicile. Étant à ce moment à l’étranger et à cause de la barrière de la langue, je ne pouvais pas envisager de m’inscrire à un cours!
Je n’avais alors aucune notion de sanscrit, je ne portais aucune importance aux cycles lunaires et encore moins à mes doshas et ce que cela impliquait. Je n’avais pas conscience de l’importance de la méditation ni des bienfaits d’une pratique régulière. Je ne connaissais pas les personnalités médiatisées de l’univers du yoga, je n’étais pas familière des programmes de formation; les yoga teacher training. Je ne connaissais pas les termes de mantras ni de shalas. Je ne savais pas qu’il existait différents types de yoga: l’ashtanga, le vinyasa, le hatha, le bikram ou encore le yin yoga m’étaient complètement inconnus. Le troisième oeil ne faisait pas partie de mon vocabulaire et je n’avais jamais porté d’attention à mon périnée.

Et justement, c’est bien là une des caractéristiques fondamentales du yoga qui m’y a fait adhérer immédiatement; c’est une pratique non exclusive.
Tout le monde peut commencer le yoga: souple, raide, renseigné, ignorant, gros, maigre, sportif, jeune, vieux, végétarien, vegan, meatlover, bouddhiste, athée, scientologiste ou même trumpiste… oui, je grossis le trait. Mais j’insiste, le yoga a justement cette capacité d’intégrer tous les profils.
C’est une négation qui revient souvent lorsque je discute de yoga avec des personnes qui n’en ont jamais fait. Bien souvent elles pensent ne pas pouvoir faire du yoga car n’étant pas assez comme ceci/cela. Or c’est bien là l’essence du yoga, c’est ce que la discipline va avoir comme impact sur votre corps et votre mental. Je préfère parler de changement que de progrès, je ne vois pas la pratique comme un chemin vers un but ou un objectif mais plutôt vers une mutation du corps et de l’esprit, vers plus de bien-être. Chacun débute, avance et change à son rythme. Une personne souple et une personne raide pratiqueront chacune les mêmes postures, dans la mesure de leurs capacités, mais in fine, l’impact de la pratique sera le même.

Tout cela pour dire que si j’ai tout de suite trouvé un équilibre dans la pratique, c’est parce que la philosophie présentait des valeurs qui me touchaient et que j’avais envie d’intégrer à ma routine quotidienne. Bien sûr, tous les pratiquants et gurus du yoga ne partagent pas nécessairement cette approche mais c’est avec des personnalités prônant la non-exclusivité que j’ai débuté ma pratique à domicile.
Je ne peux que conseiller de jeter un oeil à Erin Motz, fondatrice de Bad Yogi qui a fait de la non-exclusivité son image de marque; rien que le nom Bad Yogi parle de lui-même! La communauté qu’elle a rassemblée est inspirante et motivante de par sa « simplicité »; ce sont des gens comme vous et moi. Il y a sur son blog et sur Youtube beaucoup de cours (entre 10 et 20min par vidéo) qui sont facilement intégrables au quotidien. Commencez par son 30-day Yoga Challenge et vous découvrirez les bases du yoga décortiquées, mais aussi quelques postures plus engagées auxquelles on arrive tout en douceur. Vous découvrirez aussi son univers, son approche décomplexée du yoga et surtout son humour! Petite précision, étant Américaine, son site et ses vidéos sont en anglais.

L’impact de la pratique

Après seulement quelques semaines de pratique quotidienne (ou presque), me voilà accro à la discipline. Je me trouve embarquée dans beaucoup plus qu’une simple activité physique; j’adhère à la philosophie, à la communauté, aux séquences, aux salutations au soleil, à la méditation…bref au yoga dans son entièreté.
Je regarde beaucoup de vidéos de Erin Motz et commence aussi à m’intéresser à toute la communauté qui existe sur internet, les réseaux sociaux etc. C’est un univers énorme dont on peut énormément s’inspirer. C’est ce qui m’est arrivé plus ou moins, j’ai beaucoup lu d’articles, suivi de professeurs ou d’amateurs, regardé des vidéos; bref l’univers m’a fasciné et je me suis énormément renseignée sur la discipline.

Si « l’addiction » a été aussi forte et rapide c’est parce que dès le début de ma pratique, j’ai ressenti des effets. D’abord physiques puisque le yoga, dans sa pratique plutôt douce et non intense, mobilise pourtant fortement les muscles de l’ensemble du corps et permet un assouplissement progressif. Après quelques semaines déjà, le corps semble tonifié, fort, plus souple.
Ensuite, j’ai ressenti les effets sur le mental et l’esprit. Je ne m’attendais absolument pas à ressentir une telle sensation de bien-être moral après mes séances. Le plus inattendu était que ce bien-être me suivait en dehors des moments de pratique. Peu à peu, le yoga s’insérait dans ma vie de tous les jours. Par là j’entends les intentions que l’on peut se répéter au début et à la fin d’une séance; les petits idées telles que la reconnaissance d’être en bonne santé, d’être à l’étranger, de découvrir tant de choses etc.
Si j’ai pu ressentir des effets rapidement, le yoga m’a cependant appris une notion essentielle et qui ne faisait pas nécessairement partie de mon caractère: la patience. Le yoga est une pratique lente et progressive qui, par la rigueur qu’elle inculque, apprend à être patient, posé et qui permet de s’observer continuellement.

La combinaison des effets physiques et mentaux font que la philosophie du yoga s’immisce progressivement dans le quotidien et l’affecte positivement. Selon les postures que l’on intègre dans la séquence, toute sorte d’émotions sont mobilisées et libérées. C’est à ce moment que j’ai compris à quel point physique et psychique sont intimement liés.
Par exemple, il est connu que bien souvent, l’humain retient beaucoup d’émotions et de tension au niveau des hanches. Une séquence qui se focalise sur l’ouverture des hanches permet ainsi de créer de l’espace et de libérer un trop plein de tension. Bon… je vous vois déjà lever les sourcils mais je vous garantis que c’est loin d’être aussi tordu que ça en a l’air! Au contraire c’est plutôt logique que le psychique et l’émotif se répercutent sur le somatique. On parle au figuré de « pression sur les épaules » mais l’expression est tout aussi juste au sens propre. Le yoga permet simplement de connecter psychique et physique en prenant conscience de ses émotions, de son corps. Il est rare de sortir d’une séance de yoga sans avoir ressenti des émotions; que ce soit la joie, la colère ou la tristesse, le tapis est un lieu d’expression de notre for intérieur.

Le yoga m’a donc permis de me rendre compte des petites choses, de porter attention aux détails, de ne rien prendre pour acquis. La santé, le respect et la découverte de son corps, de ses capacités sont des valeurs attachées au yoga qui ont eu de plus en plus d’écho en moi. Mon mode de vie a peu à peu été teinté des valeurs que j’ai attribuées au yoga; un mode de vie plus sain tant au niveau de l’alimentation que de l’activité physique ou que du sommeil.
La pratique du yoga m’a donné envie de prendre soin de moi, de respecter mon corps, de lui donner de la bonne énergie. La tonicité et la souplesse engendrées par la pratique procurent une sensation de bien-être physique que je souhaitais cultiver de la bonne manière, en toute conscience. Cela passait par l’alimentation notamment; nourrir son corps de bonnes choses, de bons produits, de bons ingrédients. J’ai ainsi commencé à beaucoup m’intéresser à l’alimentation et à la cuisine en général – mais ceci est un autre sujet dont je parlerai surement dans un prochain article! Tout cela pour dire que l’impact du yoga a touché ma vie dans son ensemble et pas seulement d’un point de vue physique.

Le rapport avec l’autre est une autre facette fondamentale dans l’interprétation que j’ai eue de la philosophie du yoga. C’est un rapport sain, sans mauvaise intention, calme et sans jugement qui résulte du travail que l’on fait sur soi-même avant tout. C’est en étant bien dans son corps et dans son esprit, en accord avec les valeurs que l’on souhaite incarner, que l’on peut s’ouvrir à l’autre en toute authenticité.
Bon, bien sûr, je ne suis pas en train de vous raconter que commencer le yoga nous transforme tous en Abbé Pierre. Mais mon expérience personnelle, si l’on force un peu le trait, m’a fait ressentir une forme d’apaisement dans mon rapport à moi-même et donc logiquement dans mon rapport à l’autre.

Je ressens le yoga comme une leçon de vie perpétuelle; c’est apprendre à se connaître par la pratique, tant physiquement que mentalement. C’est une démarche qui n’a pas de finalité ni d’objectifs sinon que de tendre vers une sagesse de vie. C’est une démarche continue qui imprègne peu à peu le quotidien. Le yoga éveille la conscience de son corps, de son esprit, de son entourage. C’est apprendre à reconnaître ses limites, ses aptitudes, ses capacités; et jouer avec, les repousser, les prendre en compte, les tester.

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser plus en profondeur aux origines du yoga et à sa portée, j’ai été frappée par la justesse de ce que je lisais et par le fait que tout semblait correspondre à ce que je ressentais. Le mot indien yoga – vieux de plusieurs millénaires – renvoie à l’harmonie et l’union du corps, de l’esprit et du mental. Ce n’est pas plus compliqué que cela. La sagesse vers laquelle cette philosophie tend, englobe des principes que chaque individu peut intégrer, qu’importe son origine, sa nationalité, sa religion, sa condition physique ou ses croyances. J’aime voir et décrire le yoga comme une discipline et une philosophie dont chacun peut puiser ce qui le touche, ce qui l’intéresse, ce qui fait sens selon lui/elle, et l’intégrer à sa vie quotidienne. Il n’est pas impératif de tout intégrer ni d’avoir la même approche que son voisin de tapis pour pratiquer le yoga.
C’est finalement la simplicité de cette sagesse de vie qui m’a interpelée et rendue adepte de la discipline. Être heureux et être en harmonie avec soi-même est une conséquence de nos actions, alors pourquoi ne pas provoquer son bien-être?

Et les cours dans tout ça?

Pour ma part, j’ai pris mon premier vrai cours de yoga après près d’un an de pratique autonome – comme je le disais, étant à l’étranger je ne pouvais pas m’inscrire en studio.
J’aime aussi beaucoup assister à un cours avec un professeur physiquement présent qui peut corriger, intervenir ou répondre aux questions.

Libre à chacun de trouver le juste équilibre, entre pratique à la maison et en cours. Pour ma part, c’est encore une fois l’idée de « balance » qui prime. J’ai pris l’habitude de pratiquer seule chez moi, au calme et le matin. Mais je trouve aussi très formateur d’assister régulièrement à des cours qui permettent le juste apprentissage de la discipline, l’ajustement dans les postures et d’être sous ce troisième oeil objectif du professeur dont l’expérience lui donne les capacités de correction et de pédagogie que l’on ne peut avoir seul chez soi. Bien qu’Internet regorge de sources et d’informations, rien ne vaut la présence physique d’un professeur durant un cours.

Je trouve aussi que le cours permet paradoxalement une forme de déconnexion. J’entends par là que lorsque je suis la séquence du professeur, je peux davantage me focaliser sur ma respiration, sur l’ouverture de mes épaules, sur mon regard ou encore sur le placement de mes pieds. Suivre un cours me permet de faire de la place dans mon esprit pour me concentrer sur d’autres aspects du yoga qu’une pratique quotidienne n’induit pas automatiquement.
Bien que m’étant renseignée sur Internet sur les différentes formes de yoga, c’est par les cours que j’ai vraiment compris les fondements des différents types. Mais alors quel type pratiquer? Encore une fois, libre à chacun de trouver ce qui lui correspond. Si personnellement j’aime le vinyasa qui me permet d’enchaîner des postures selon mes envies, certains sont adeptes de formes plus strictes et conventionnelles telles que l’ashtanga dont les séries sont pré-définies. Je pense écrire un prochain article plus complet sur les différents types de yoga et l’expérience que j’en ai.

À quelle fréquence?

Bien sûr, tout dépend du temps que l’on a, de notre situation familiale, si l’on a des enfants, si l’on a la place pour dérouler un tapis ou encore si l’on a des cours à proximité …et abordables (hum).
Mais je suis persuadée qu’il est toujours possible de trouver le temps. Une pratique régulière – comme dans toute discipline sportive – est bien plus bénéfique qu’une pratique fragmentée et étalée sans continuité.
Trouver une dizaine de minutes tous les deux ou trois jours pour se retrouver seul sur son tapis n’est pas infaisable! Bien souvent on se trouve des excuses mais essayez rien qu’une fois de les mettre de côté et de vous donnez ce temps pour vous. Offrez-vous ce luxe gratuit de prendre soin de vous. Vous ne regretterez jamais d’avoir déplier votre tapis, croyez-moi. Et même si ce n’est que pour 5 ou 10 minutes, vous verrez qu’à terme, elles font toute la différence.
Peut-être que votre quotidien devra être amené à changer pour que vous intégriez une pratique régulière, peut-être que vous devrez vous lever 20 minutes plus tôt ou vous coucher 20 minutes plus tard, peut-être que la douche sera raccourcie de 5 minutes ou que la soirée télé sera remplacée par un moment de détente sur le tapis, peut-être qu’il faudra ressortir dans le froid pour assister à un cours mais j’insiste…le jeu en vaut la chandelle!

Bref, vous l’aurez compris, je ne peux que vous conseiller de tout tester: pratique à domicile en suivant des vidéos, routines personnelles, cours en studio, différents types de yoga… C’est en essayant toutes les formes possibles que l’on se construit sa propre expérience et que l’on trouve la « recette » qui nous convient le mieux.
Je suis partisane de l’expérience sans prise de tête, mais j’ai le sentiment que pour ressentir les bienfaits de la pratique, il faut y aller avec un esprit ouvert. Il faut être réceptif à la discipline et laisser les mauvaises énergies à côté du tapis.
Il faut aussi faire attention à ce que l’on voit sur les réseaux sociaux et distinguer les paillettes de la réalité. Encore une fois, pas besoin d’être contorsionniste, mannequin et d’habiter Ubud pour « bien pratiquer le yoga ».

Et maintenant… 

Voilà donc un peu plus de deux ans que je pratique presque quotidiennement le yoga. J’ai trouvé ma routine, j’aime pratiquer le matin au saut du lit. Si je n’ai pas le temps, j’essaye quand même de déplier mon tapis le soir avant de me coucher.
Chaque approche et chaque pratique du yoga est unique selon la personne; si j’aime pratiquer le matin, je sais que beaucoup préfèrent avoir entamé leur journée avant de se plier en deux sur leur tapis. J’aime la sensation de réveil, de tonicité et d’énergie que me procure ma séquence matinale. Elle me met en route pour la journée, chargée d’énergies positives. J’ai de plus en plus intégré la méditation à ma pratique quotidienne mais je voudrais écrire un autre article consacré uniquement à la méditation afin qu’il soit le plus complet et compréhensible possible.

Le yoga continue d’impacter ma vie, la façon dont je vois les choses, les projets que je souhaite développer et finalement ce que je faire dans le futur. La pratique évolue sans cesse et c’est cela qui me motive à déplier mon tapis tous les matins. La monotonie n’existe pas – tout du moins dans la pratique que j’en ai. Le corps et l’esprit fonctionnent dans une logique dynamique, il est donc tout à fait normal que nos sensations, nos émotions, notre humeur soient différents tous les jours. Il faut apprendre à s’écouter, à comprendre et apprivoiser notre corps et notre esprit. Il faut alors adapter sa pratique pour pouvoir tirer tous les bienfaits de la discipline.
Je pourrais encore écrire des lignes et des lignes à ce sujet mais je pense avoir déjà fait un tour général de ce que j’imagine être une introduction au yoga – selon l’expérience personnelle que j’en ai, bien sûr.

Je pense être amenée à conclure la plupart de mes articles ainsi, mais j’insiste, ce que je viens d’écrire est le fruit de mon expérience personnelle. Bien que j’aime partager et pense que beaucoup bénéficient des mêmes effets d’une pratique régulière du yoga, je ne souhaite en aucun cas imposer la discipline ni ancrer mes ressentis comme étant la seule vérité. Je ne peux que vous dire de vous lancer et de constater par vous-mêmes!
Je n’ai encore jamais eu de retours négatifs de personnes à qui j’ai conseillé de débuter la pratique, au contraire… alors, qu’attendez-vous?

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