Où manger le meilleur Pad Thaï de Bangkok? Bangkok’s best Pad Thai

Le Thip Samai

Pas étonnant que « le meilleur pad thaï de Bangkok » – d’après de nombreuses critiques – soit cuisiné dans un restaurant ouvert il y a un demi-siècle, peu de temps après l’invention de ce fameux plat… Et oui, bien qu’il soit l’emblème culinaire du pays – contenant jusqu’au nom thaï dedans – le pad thaï est un plat…politique !
Pour faire face à la pénurie de riz que connaît le pays dans les années 1940, le premier ministre de l’époque, Luang Phibunsong, souhaite introduire les « nouilles » dans le paysage culinaire thaïlandais – le tout sous-couvert d’accents patriotiques et nationalistes. Ainsi naît le fameux pad thaï…

Mélange de nouilles de riz (vous avez dit pénurie?…) sautées au wok avec de la pâte de tamarin, sauce soja et fishsauce, on peut y ajouter des crevettes séchées, du tofu, des pousses de soja et des oignons nouveaux. On retrouve très souvent des cacahuètes grillées, du piment et du sucre, selon les goûts.
Grande amatrice de ce plat simple mais au combien savoureux, j’ai essayé de le cuisiner à de nombreuses reprises. Même si on ne retrouvera jamais le goût authentique d’un pad thaï cuisiné en Thaïlande, cette recette s’en approche beaucoup !

Revenons à ce fameux établissement qui détiendrait la recette du meilleur pad thaï à Bangkok. Pour en avoir dégusté dans plusieurs endroits : du pad thaï de rue à 40 bahts (un peu plus d’un euro) au pad thaï au foie gras d’un restaurant français installé dans la capitale, je dois avouer que celui du Thip Samai est tout bonnement incroyable. Tant pour les goûts que pour le cadre et la façon dont il est cuisiné ! Je m’explique…
Le Thip Samai – souvent appelé Pratu Pee qui veut dire Ghost Gate de par son ancienneté – est connu pour son pad thaï signature enveloppé dans une fine omelette – au lieu d’un oeuf brouillé dans la préparation traditionnelle. Le tout est cuit sur des flammes au charbon. Il peut être servi avec les fameuses jumbo prawns – grosses crevettes asiatiques. Mais ce qui est le plus fascinant c’est la façon dont le plat est réalisé : dans la rue, sur le trottoir, au regard de la queue sans fin de clients. La dextérité des gestes du cuisinier qui fait cuire son omelette ultra fine, y dépose la préparation de pad thaï, et la referme en trois coups de spatule est juste impressionnante.

Arrivée aux alentours de 19h, la file devant le restaurant est déjà conséquente. Cela donne le temps d’observer avec fascination la technique maîtrisé par des années de pratique. Le restaurant a plusieurs tables assises en intérieur où le flot de clients est continu, je ne pensais pas que l’attente irait si vite. Le bruit des spatules cliquetant contre les woks métalliques animent la rue, dans le brouhaha incessant des clients, cuisiniers et autres passants. Quelques tables sur le trottoir également et une arrière salle. Le décor est kitsch et coloré, des affiches de vieilles publicités thaïes attirent le regard, au mur, des articles de journaux encadrés titrant le restaurant comme servant le meilleur pad thaï de Bangkok.

L’art de l’emballage de pad thaï dans une omelette fine

Moins d’une demi-heure de queue avant d’être assises, je choisis avec celles qui m’accompagnent le fameux pad thaï aux jumbo prawns servi dans une omelette : Pad Thai Haw Kai Goong Sot  (ผัดไทห่อไข่กุ้งสด) à 200 bahts (environ 5,5€). Il y a des options beaucoup moins chères, les pad thaï commencent aux alentours de 60 bahts (pas tout à fait 2€). Le restaurant est aussi connu pour le jus d’orange pressé frais qu’il reçoit tous les jours, mais aucune de nous ne l’a goûté.

Le temps d’attente est correct, malheureusement ils n’ont plus de grosses crevettes, ils nous servent des équivalents (je n’ai pas bien vu la différence cela dit…).
La portion est plus qu’honnête, l’omelette est décorée de brins de coriandre et de quelques lamelles de piment, le tout servi sur dans une assiette en plastique bien sûr. On nous apporte à côté une assiette de pousses de soja germées et des citrons verts. Sur la table, des piments, des cacahuètes pilées et autres sauces sont disponibles pour assaisonner à souhait.
C’est parti… à la découpe de l’omelette, un flot de nouilles s’échappe libérant les ingrédients et surtout les odeurs incroyables de ce pad thaï à la teinte légèrement rouge-orangé. Les trois grosses crevettes sont succulentes. On retrouve le goût du pad thaï traditionnel mais avec cette petite note braisée dûe à la cuisson au charbon. Un régal !

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L’expérience gustative est à la hauteur de la réputation de l’établissement ! J’y amènerai sans hésiter quiconque me rend visite, pour l’expérience plus qu’authentique de la dégustation d’un plat cuit dans la rue, dans le bruit, dans la fumée, dans la tradition…tout Bangkok quoi !

Un pad thaï au Thip Samaï est idéal après avoir observé le coucher du soleil du haut du magnifique Wat Saket (Golden Mount). Le restaurant à l’enseigne rouge lumineuse est situé sur Machachai Road – impossible de le rater avec le nombre impressionnant de clients affamés faisant la queue sur plusieurs mètres devant !

Ouvert tous les jours de 17h à 2h
313 Machachai Road, Old City

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